Mémoires de Luther écrits par lui-même, Tome I by Martin Luther & Jules Michelet
Ce qu'on va lire n'est point un roman historique sur la vie de Luther, pas davantage une histoire de la fondation du luthéranisme. C'est une biographie, composée d'une suite de traductions. Sauf les premières années, que Luther ne pouvait raconter lui-même, le traducteur a eu rarement besoin de prendre la parole. Il n'a guère fait autre chose que choisir, dater, ordonner les textes épars. C'est constamment Luther qui parle, toujours Luther raconté par Luther. Qui serait assez hardi pour mêler ses paroles à celles d'un tel homme? Il fallait se taire, et le laisser dire. C'est ce que l'on a fait, autant qu'il était possible.
Ce travail, publié en 1835, a été fait presque entièrement dans les années 1828 et 1829. Le traducteur de la Scienza nuova sentait vivement à cette époque le besoin de redescendre des théories aux applications, d'étudier le général dans l'individuel, l'histoire dans la biographie, l'humanité dans un homme. Il lui fallait un homme qui eût été homme à la plus haute puissance, un individu qui fût à la fois une personne réelle et une idée; de plus, un homme complet, de pensée et d'action; un homme enfin dont la vie fût connue tout entière, et dans le plus grand détail, dont tous les actes, toutes les paroles, eussent été notés et recueillis.
Si Luther n'a pas fait lui-même ses mémoires, il les a du moins admirablement préparés. Sa correspondance n'est guère moins volumineuse que celle de Voltaire. De plus il n'est aucun de ses ouvrages dogmatiques ou polémiques où il n'ait, sans y songer, déposé quelque détail dont le biographe peut faire son profit. Ajoutez que toutes ses paroles ont été avidement recueillies par ses disciples. Le bon, le mauvais, l'insignifiant, ils ont tout pris; ce que Luther laissait échapper dans la conversation la plus familière, au coin du feu, au jardin, à table, après souper, la moindre chose qu'il disait à sa femme, à ses enfans, à lui-même, vite ils l'écrivaient. Un homme, observé et suivi de si près, a dû à chaque instant laisser tomber des mots qu'il eût voulu ravoir. Plus tard les luthériens y ont eu regret. Ils auraient bien voulu rayer telle ligne, arracher telle page. Quod scriptum est, scriptum est.
C'est donc ici le vrai livre des Confessions de Luther, confessions négligées, éparses, involontaires, et d'autant plus vraies. Celles de Rousseau sont à coup sûr moins naïves, celles de saint Augustin moins complètes et moins variées.
Martin Luther changed the course of Western civilization by initiating the Protestant Reformation. As a priest and theology professor, he confronted indulgence salesmen with his 95 Theses in 1517. Luther strongly disputed their claim that freedom from God's punishment of sin could be purchased with money. His refusal to retract all of his writings at the demand of Pope Leo X in 1520 and the Holy Roman Emperor Charles V at the Diet of Worms meeting in 1521 resulted in his excommunication by the pope and condemnation as an outlaw by the emperor.
Luther taught that salvation is a free gift of God and received only by grace through faith in Jesus as redeemer from sin, not from good works. His theology challenged the authority of the pope of the Roman Catholic Church by teaching that the Bible is the only source of divinely revealed knowledge and opposed sacerdotalism by considering all baptized Christians to be a holy priesthood.
His translation of the Bible into the language of the people (instead of Latin) made it more accessible, causing a tremendous impact on the church and on German culture. It fostered the development of a standard version of the German language, added several principles to the art of translation, and influenced the translation into English of the King James Bible. His hymns inspired the development of singing in churches. His marriage to Katharina von Bora set a model for the practice of clerical marriage, allowing Protestant priests to marry.
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